| |
"Diversité
culturelle et commerce"
Conférence
de M. Mahamoudou OUEDRAOGO,
Ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme
du Burkina Faso
|
Introduction
I - Mondialisation et culture
II - Le cas du Burkina Faso
III - De l'exception à la diversité culturelle
Conclusion
I N T R O D U C T I O N
La décennie mondiale du développement culturel
initiée par l’UNESCO a eu l’effet d’un
projecteur qui a mis en relief la culture, et joué
le rôle d’un catalyseur qui a favorisé
son action sur les consciences individuelles et collectives.
La culture est donc au centre des débats, elle
est à la mode encore qu’ici le danger de
la mode c’est que par essence et pour reprendre
le mot du célèbre Sacha Guitry «La
mode c’est ce qui se démode !»
C’est dans un environnement international complexe
et compliqué que se pose la question de la diversité
culturelle. La culture peut-elle être considérée
comme une marchandise au même titre que les autres
biens de consommation ?
N’y a-t-il pas urgence à protéger
et à promouvoir la diversité culturelle
comme une richesse commune à toute l’humanité
?
Voilà les questions autour desquelles s’articulera
notre propos
.I
- MONDIALISATION ET CULTURE
Le débat actuel
sur les liens entre culture et commerce occulte celui,
plus général, des relations entre la culture
et l’économie.
Or donc le
mot cultiver apparaît au 12e siècle en provenance
du latin cultivare dérivant à son
tour de cultivus issu de cultus. Certains
lui attribuent l’étymologie de colere, la
signification de cas deux termes étant identique
: cultivé, le champ cultivé. Au 15e siècle
la cultura émerge en français avec le mot
culture qui concerne le travail de la terre.
Or travailler la terre pour quoi ? Pour en retirer des
produits agricoles à valeur économique.
Ce n’est que plus tard que le mot agriculture est
venu englober la culture et que petit à petit la
culture a désigné l’ensemencement
de l’esprit humain, par les connaissances artistiques,
spirituelles et scientifiques.
Le problème est plutôt de savoir comment,
au fil du temps, les œuvres de l’esprit ont
entretenu des liens avec l’argent.
C’est à la fin des années 80 notamment
dans les traités économiques que nous voyons
apparaître le concept de mondialisation ainsi que
celui de globalisation, suite à la disparition
historique à la même période du bloc
soviétique, mettant ainsi fin, du moins théoriquement,
à la bipolarité et à la guerre froide
qui caractérisaient le monde depuis la fin de la
deuxième guerre mondiale. Mais les Historiens,
pourraient bien entendu en chercher les premiers liens
avant notre siècle
La mondialisation découle de la volonté
d’instaurer un monde unifié, caractérisé
par la démocratie et l’ultra libéralisme
dans sa plus large expression. Cependant, dans les faits,
seules des considérations économiques soutendent
cette volonté de mondialisation à pas forcé
qui s’impose imperceptiblement à toute l’humanité.
Le modèle occidental de la démocratie et
du libéralisme, notamment le modèle anglo-saxon
semble être le seul canon valable à l’aune
duquel les peuples sont jugés et tous doivent s’y
conformer. Le marché devient la bible ou le coran
des professionnels de la mondialisation.
Concernant la Culture, on peut la définir comme
l’ensemble des valeurs matérielles, morales,
artistiques et des vestiges matériels auxquels
une communauté demeure attachée par son
histoire. Il est aussi admis que de tout temps, les communautés
humaines ont entretenu des relations les unes avec les
autres et se sont enrichies des apports mutuels. Cela
est d’autant plus vrai lorsque l’on considère
la rapidité avec laquelle certaines pratiques et
techniques ont été vulgarisées à
l’échelle mondiale.
Cependant, avec l’avènement du «tout
économie» et de la notion de productivité
(secteur productif ou secteur non productif), très
vite des mutations se sont opérées dans
le secteur de la culture. Ainsi voit-on apparaître
l’expression «industries culturelles»
pour désigner toutes les activités culturelles
et artistiques génératrices de profits économiques
: cinéma, édition musicale et de livre,
comédie musicale, théâtre notamment.
Les Etats-Unis d’Amérique sont le premier
pays à mettre en œuvre et à tirer profit
de ces industries culturelles, car très tôt
ils comprennent que malgré leur superpuissance
économique et militaire, le meilleur moyen de domination
qui puisse exister est l’arme culturelle. Avec l’«American
way of life», le modèle de vie américain
est chanté à travers le monde et est présenté
comme le modèle idéal vers lequel doit tendre
toute l’humanité. Par le cinéma et
la musique, l’art de vivre américain s’invite
dans les foyers du monde, véhiculant par la même
occasion la culture américaine avec ses valeurs
et surtout ces habitudes de consommation ou plutôt
de surconsommation. Cela pour dire que la culture est
le premier vecteur économique, car c’est
elle qui détermine les habitudes de consommation
et en tant qu’ancien colonisé, ayant vécu
sous domination étrangère, savons-nous de
quoi nous parlons. Aussi, permettez moi de faire une digression
pour aborder la question de la mondialisation culturelle
au Burkina Faso. Le pays que je connais le mieux.
Le principe étant que toutes les cultures contribuent
à l’expérience commune de l’humanité,
par cette convention, il s’agira de signifier le
droit de tout pays et de tout peuple d’élaborer
sa politique culturelle, de promouvoir la culture, d’en
assurer la protection l’épanouissement et
la réciprocité dans les échanges
culturels.
II – LE CAS DU BURKINA
FASO
Le
glissement de l’activité culturelle vers
l’économie, s’il permet aux acteurs
culturels et aux créateurs de vivre de leur production
ou d’en tirer des avantages substantiels, comme
revers de la médaille, marginalise dans le même
temps les activités culturelles non génératrices
de profit, pourtant essentielles pour la pérennité
de nos sociétés notamment les sociétés
africaines.
En Afrique jusque dans un passé récent,
l’œuvre d’art répondait spécifiquement
à des besoins mystiques et religieux et de fait,
étaient la propriété de la communauté
qui l’a forgée et en aucune façon
elle ne pouvait faire l’objet de transaction commerciale.
C’en est ainsi des masques, des statuettes, des
figurines en terre et de bien d’autres œuvres.
Il faut donc préserver la diversité artistique
quelle que soit la finalité de l’œuvre.
Le Burkina Faso, comme la plupart des pays de l’Afrique
et du Tiers-monde, n’échappe pas à
cet envahissement culturel qui se manifeste sous diverses
formes et quelquefois de manière extrême.
Nos coutumes et traditions, fondements essentiels de nos
valeurs morales et sociales, sont frappées d’anathème
parce que jugées archaïques et anachroniques
par nos jeunes bercés dans l’illusion du
miracle américain et de l’American way of
life. Pourtant, ce sont ces valeurs qui ont gouverné
nos sociétés des siècles durant et
qui ont assuré leur pérennité, aujourd’hui
mise à mal.
Au niveau de la langue, dans beaucoup de milieux de jeunes
notamment citadins, il est presque indécent de
s’exprimer dans nos langues nationales. Le «must»
comme ils le disent est de s’exprimer en français
ou, mieux, en anglais, la langue qu’il faut désormais
maîtriser au risque d’apparaître comme
un analphabète du XXIe siècle.
Pour ce qui est de la musique et de la danse, quel jeune
homme ou jeune fille des années 80 peut-il affirmer
n’avoir pas dansé au rythme du Reggae et
du Disco ? Aujourd’hui, nos jeunes, après
avoir dansé au rythme du Breakdance, du Rock, dansent
au rythme du Ragga, du Rap et de la Techno et adoptent
les comportements et habitudes vestimentaires liés
à ces genres musicaux (port de casquettes, de T-Shirt,
tresses dread-lok, développement d’un langage
spécifique…). Le principe de l’ouverture
vers l’autre est en soi louable. Le problème
dans le cas d’espèce est le rejet total de
ses propres références culturelles et historiques.
Concernant le cinéma, nos cinéphiles connaissent
mieux les acteurs des films américains que les
acteurs nationaux ou africains et on s’identifie
inconsciemment, mais avec fierté, à tel
ou tel acteur occidental plutôt qu’à
un acteur burkinabé ou africain.
Les Européens luttent contre l’hégémonie
culturelle des Etats-Unis d’Amérique. Même
constat pour plusieurs autres entités géo-politiques.
L’Afrique qui souffre plus que tout autre continent
des «invasions d’œuvres de l’esprit»
ne se bat pas pour l’Europe contre les Etats-Unis
d’Amérique par exemple, mais pour l’égale
dignité, le respect identique de toutes les cultures
et les droits de chaque pays élaborer et de mettre
en pratique une politique culturelle.
Il suffit de faire un tour devant une salle de cinéma
pour se rendre compte de l’engouement avec lequel
nos populations se bousculent pour voir les super productions
américaines et les films indiens ; certains cinéphiles
en arrivent à s’identifier aux personnages
de ces films et adoptent leurs noms comme pseudonymes
- Rambo, Trinita, Terminator…-. Nos écrans
de télévision sont envahis par les téléfilms
américains et les télénovelas sud-américaines.
C’est dire que plus les pays sont sur la voie de
l’industrialisation plus ils ont des occasions d’exporter
leur culture vers des pays moins industrialisés,
sans échange équitable. C’est pour
cela qu’au Burkina, nous avons jugé l’exception
culturelle bonne pour la France et la diversité
culturelle bonne pour le monde entier.
Tout cela pour dire que la mondialisation culturelle est
en marche. Pour nous, il ne s’agit pas de nous enfermer
dans notre cocon culturel et identitaire, il s’agit
de nous ouvrir au reste du monde pour partager ensemble
l’expérience commune à toute l’humanité.
La question qu’il faut alors se poser est de savoir
comment faire coexister la pluralité culturelle
dans ce contexte de mondialisation tout azimut.
Aussi, l’action des pouvoirs publics mais également
des acteurs non gouvernementaux est de travailler à
une réappropriation des valeurs culturelles du
pays notamment par les jeunes dans une dynamique d’enracinement
mais également d’ouverture intelligente et
féconde vers les autres cultures. Enracinement
et ouverture sont donc les maîtres mots et la boussole
de l’action culture dans un pays du Sud comme le
Burkina Faso.
Cela, parce que tout n’est pas achetable ni vendable
dans la culture. Tel est le cas de la statuette «Mamio»
dans un village burkinabè du nom de Pobé-Mengao,
statuette de la fécondité et dont la disparition
avait plongé des milliers d’hommes et de
femmes dans la désolation et dont le retour dans
le village grâce en partie à Interpol fut
un grand événement.
III - DE L’EXCEPTION A LA DIVERSITE CULTURELLE
L’homme est essentiellement un être
culturel. A travers les âges, dans toutes les parties
du monde, les groupements humains ont développé
des spécificités particulières qui
se ressentent au niveau de leur vie spirituelle, matérielle,
intellectuelle et affective. Ce sont ces spécificités
particulières d’une communauté qui
caractérisent sa culture, en tant que valeurs partagées
par l’ensemble de ses membres.
Ainsi, ce sont plusieurs milliers de cultures qui ont
éclos à travers le monde et dont certaines,
du fait de leur diffusion ont bénéficié
d’une renommée internationale (exemple de
la civilisation égyptienne). Mais d’ores
et déjà je voudrais, pour lever toute équivoque,
réaffirmer que toutes les cultures, quel que soit
leur rayonnement s’équivalent toutes, car
il ne s’agit point de les comparer ou de les juger,
mais de les comprendre comme spécificités
particulières d’une communauté donnée.
Autant l’Auvergnat se sent Auvergnat, autant le
Bobo se sent Bobo et chacun a conscience d’appartenir
à une communauté.
Aujourd’hui, l’on constate que l’humanité
a accompli d’importants progrès en matière
de bien-être, grâce au développement
des sciences. Une communauté peut-elle aujourd’hui
à elle seule s’attribuer la paternité
de la science ? Assurément non, la science actuelle
est le produit des apports de plusieurs cultures qui se
sont interpénétrées au fil des millénaires.
Ce constat au niveau de la science est également
valable pour tous les secteurs de l’activité
humaine.
Malheureusement, force est de reconnaître que le
20e siècle a connu une certaine «standardisation»
culturelle au plan mondial avec une dominante de «l’American
way of life».
Des exemples nous édifient sur ce point : les films
américains représentent 80% du marché
européen, une heure sur deux de programme de télévision
en Europe, pratiquement autant sur le continent africain
et 6 milliards d’Euros de déficit en la matière
entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique
au profit de Washington. L’industrie du divertissement
reste une des ressources les plus importantes des Etats-Unis
d’Amérique, juste après l’aéronautique
et la chimie.
Face à cette situation, la France est montée
au créneau pour défendre le principe «d’exception
culturelle» qu’elle a élaboré.
Ce principe rejette «la marchandisation» des
biens culturels qui ne devraient pas être traités
comme de simples marchandises, livrés à
un marché totalement libéralisé.
La France a été l’un des premiers
pays au monde à dénoncer la dangerosité
du tout commerce et à œuvrer au découplage
entre culture et commerce.
Cependant, ce concept d’exception, aux consonances
un peu trop défensives et protectionnistes, ne
va pas manquer de créer une certaine gêne.
C’est donc pour «positiver» que nous
préférons le terme de «diversité
culturelle» qui a rencontré l’assentiment
de l’UNESCO, le couvre-chef culturel du monde.
Le contenu de cette diversité culturelle peut se
comprendre par la pluralité des arts, des coutumes,
des visions qui se tolèrent, s’influencent
mutuellement et s’auto fécondent.
Cette diversité culturelle évolue avec deux
courants quelque peu semblables, mais en réalité
antagoniques, l’un lui étant favorable et
l’autre nuisible.
Le courant qui pourrait
nuire à la diversité culturelle, c’est
la globalisation, caractérisée par la gestion,
le profit, l’optimisation financière, la
privatisation du monde selon la formule de François
Bernard émasculant la culture après l’avoir
violentée sans ménagement et sans égard
aucun.
Le courant favorable qui accompagne la diversité
culturelle dans sa traversée, c’est la mondialisation
des cultures. Cette mondialisation qui se promène
par exemple dans les salles obscures et sur les écrans
du monde entier les cinémas d’Afrique et
permet de faire découvrir les grandes œuvres
et les grands noms de ces cinémas. C’est
elle qui offre l’occasion d’échanges
et de partages d’expériences culturelles,
de donner un supplément d’âme à
l’aventure humaine.
Cette mondialisation du patrimoine matériel, immatériel,
des us et coutumes sans lesquels le monde n’est
plus le monde est à promouvoir.
Le contexte culturel actuel est marqué aussi par
l’apparition et la difficile tentative de promouvoir
ce que l’on pourrait appeler l’inter culturalité
qui veut dépasser le constat du multiculturel et
se veut une prise en compte des interactions entre les
groupes, les individus et les identités, et se
pose comme une alternative au traitement de la diversité
culturelle. La conviction des chantres de cette prospective
interculturelle controversée, c’est que l’individu
est de moins en moins déterminé par sa culture,
il est auteur mais aussi produit de la culture, et les
différences culturelles ne correspondent plus à
une réalité mais relèvent de la nature
des relations entre les individus et les groupes.
Ce qui est vrai au plan culturel, l’est également
à d’autre niveau, notamment économique.
C’est d’ailleurs ce qui a amené l’année
dernière, les Etats africains à se mobiliser
contre la subvention de la production des filières
du coton et du textile par les pays européens et
par les Etats-Unis. Quelques chiffres permettent de prendre
la pleine mesure des enjeux en l’objet par rapport
à ce combat du pot de fer contre le pot de terre
: C’est ainsi que le coût de la production
d’un kilo de coton au Burkina qui est l’un
des plus prisés au monde est de 682 FCFA, soit
un peu plus d’un euro alors qu’à cause
des subventions des pays d’Europe et d’Amérique,
le prix de vente du coton sur le marché mondial
est de 627 FCFA, soit moins d’un euro. Conséquence
: le coton-culteur burkinabé, à l’instar
de ses homologues de la sous région, quelle que
soit son ingéniosité, ne peut maintenir
la tête hors de l’eau dans l’océan
du marché mondial. Face donc à toutes ces
questions qui menacent la survie des communautés
entières, il convient aussi bien sur le plan économique
que culturel d’éviter le piège des
négociations bilatérales.
De nos jours, la culture reste l’un des rares domaines
où les nations et les pays peuvent rivaliser presque
à armes égales. Mais en la marchandisant,
on installe l’effet de loupe favorisant les gros
et forts au détriment des faibles. La liberté
totale et pour tous ne risque t-elle pas d’être
une caricature de la liberté comme la formule du
« renard libre dans le poulailler libre »
où les poules libres finissent par payer de leur
vie la liberté du renard ? Les conditions de concurrence
ne vont-elles pas être faussées tout comme
elles le sont actuellement dans l’économique
pour le coton subventionné arbitrairement par les
USA et l’Union Européenne ?
En fait ce sont de fausses questions tant les réponses
ne souffrent ni de délai, ni d’ambiguïté.
Non seulement les pays les moins développés
seront dans la nouvelle culture commerciale, les moins
développés culturellement et recevront des
«aides» à la culture censés
combler le fossé qui les sépare des «autres»
mais ces «aides» seront toujours infimes par
rapport aux subventions culturelles des pays riches.
Conséquence : les «pays émergents
culturels» ne pourront jamais concurrencer à
armes égales les «pays développés
culturels». Tout comme «la mauvaise monnaie
chasse la bonne» selon la célèbre
loi de Gersham, et que «la mauvaise télévision
chasse la bonne», «la mauvaise culture chasse
la bonne» et c’est le monde entier qui en
pâtira.
CONCLUSION
Les
arts et la culture, il faut bien en convenir font régulièrement
la une de l’actualité à travers le
monde. Ainsi, comme vous le savez, le 5 mai dernier on
apprenait l’acquisition record par un anonyme acquéreur,
aux Etats-Unis d’un tableau de Salvador DALI, intitulé
« le garçon à la pipe », au
prix de 104 millions de dollars, soit le 10ème
du budget annuel d’un pays comme le Burkina Faso.
Ainsi en est-il du soutien institutionnel à la
création artistique. Comment subventionner fortement
la culture et les arts au niveau des pays du Nord sans
pour autant nuire aux expressions culturelles des pays
du Sud. Comment favoriser une égalité de
chance dans la promotion des artistes ?
L’exemple des subventions aux coton-culteurs des
pays du Nord souligne les risques de déséquilibres
et d’injustices dans le jeu du commerce international.
Il convient
donc que nous ayions à l’esprit que la diversité
culturelle est à l’humanité ce que la
biodiversité est à la nature.
Malheureusement, la pérennité de cette diversité
culturelle est loin d’être acquise. II s’agit
donc de la formaliser dans un cadre juridique international
afin d’en faire un instrument de justice, de paix
et de développement par le dialogue renouvelé
des cultures dans une logique d’équité.
L’appel que je lance pour la sauvegarde de la diversité
culturelle, c’est au nom de l’humanisme que
je le fais, je ne m’adresse ni au cœur, ni à
la raison, mais je m’adresse à l’esprit
du monde et à l’âme de l’Homme.
C’est à ce prix que le combat noble que nous
menons, et qui est celui d’un humanisme toujours plus
présent, a une chance d’être gagné.
Il nous faut continuer dans la voie de la sagesse qui consiste
à faire en sorte de diminuer la part de l’immonde
et d’épanouir la part de l’humain.
Mahamoudou
OUEDRAOGO
*
Le Livre blanc sur la culture.
- Mahamoudou OUEDRAOGO.
- Ouagadougou : Imprimerie spéciale, 2002
* Internet et le Burkina : utopies
et réalités - Mahamoudou OUEDRAOGO.
-Paris : Harmattan, 2001 |
|