LES   REPORTAGES  

ARCHEOLOGIE MEDIEVALE : LE SITE D'OURSI HU-BEERO

Documentation: Mme Maya von CZERNIEWICZ, M, Lucas PETIT et M. Christoph PELZER, historien, archéologue et porteur du projet de conservation et de mise en valeur du site d'Oursi Hu-beero. - christoph.pelzer@oursi-hubeero.de

Pour en savoir plus nous vous conseillons la visite du site en langue allemande: www.oursi-hubeero.de

 


Historique


Le site d'Oursi Hu-beero dans la province de l'Oudalan, au nord-est du Burkina Faso est certainement un des sites archéologique de l'époque médiévale les plus importants de l'Afrique de l'Ouest. En 2000 et 2001, des fouilles ont été organisées par une équipe interdisciplinaire réunissant des chercheurs des Universités de Francfort-sur-le-Main et de Ouagadougou. Elles étaient effectuées dans le cadre du "Sonderforschungsbereich (SFB) 268": "Savane ouest-africaine" au Burkina Faso.
Daté du Xème siècle, Oursi Hu-beero est un des rares exemples d'architecture africaine préservée. Découverte exeptionnelle si l'on considère que cette construction est réalisée en banco/adobe.

 
Il s'agit d'une structure architecturale complexe de 450 m² faite de pièces reliées par d'étroits couloirs. Les murs, épais de plus de 30 cm, sont constitués de briques quadrangulaires en argile crue. Des piliers dont l'épaisseur avoisine les 50 cm apparaissent à l'intérieur de la construction découpée en chambres circulaires.

Cette bâtisse défensive a été abandonnée après un incendie, comme l'atteste l'importante quantité de charbons récoltés et les pans de mur partiellement cuits
.
 
 
Avec tout l'équipement domestique trouvé à l'intérieur de cette maison effondrée, ce site nous permet de mieux appréhender ce que fut la vie en Afrique occidentale à la fin du premier millénaire de notre ère.
M. Antoine MILLOGO, enseignant chercheur à l'Université de Ouagadougou le considère comme "une découverte capitale, car elle constitue la vraie première maison structurée en plein air mise à jour au Sahel".
 


Protection, conservation et mise en valeur du site d'Oursi Hu-beero


A l'initiative de M. Christoph PELZER, spécialiste de la région et membre de l'équipe des campagnes de fouilles de 2000-2001, un projet de sauvegarde et de valorisation du site est à l'étude. Ce projet est dès à présent assuré du soutien du Ministère de la culture, des arts et du tourisme et de l'Office national du tourisme burkinabè (ONTB).
Il bénéficiera de l'expertise d'enseignants-chercheurs et universitaires: Antoine Millogo de l'Université de Ouagadougou, Klaus-Dieter Albert, géographe, Lucas Petit de l'Université de Leiden et Maya von Czerniewicz de l'Université de Cologne, archéologues.
Avec l'appui des administrations décentralisées, il doit accompagner les initiatives des populations et collectivités villageoises locales déja conscientes des retombées économiques potentielles de ce projet.

 
Après les campagnes de fouilles de 2000 et 2001, le site a été refermé pour le protéger des rigueurs du climat et des déprédations des hommes et des animaux.

Malheureusement, il reste encore menacé par l'érosion et le ravinement.

Le ruissellement des pluies a déjà détruit une partie du site, endommageant irrémédiablement ce trésor du patrimoine historique burkinabè


Organisation du projet

- Volet Site: Il faut assurer la sauvegarde du site en écartant les menaces de l'érosion, et organiser une campagne de fouilles pour l'enrichir et améliorer sa mise en valeur.

- Volet Musée: Il faut pouvoir exposer sur place les découvertes issues des fouilles afin d'animer le site et de le rendre plus attractif. Un
musée sera construit selon la technique des "constructions sans bois" adaptée à l'environnement naturel, culturel et esthétique de cette région du Sahel. Cette construction sera menée avec l'appui d'une ONG: "Développement Workshop Burkina Faso".
Le projet réalisera une exposition permanente portant sur la culture matérielle et sociale et sur l'histoire du site.

- Volet formation: Il est indispensable de sensibiliser les populations locales à la valeur culturelle et économique du site. Elles doivent être les garantes de sa sécurité. Elles seules peuvent protéger le site des pillages et dégradations. Le projet devra par ailleurs former des guides touristiques tant au niveau provincial qu'au niveau local.

 
 

Quelques temps plus tard..... janvier 2005...
le projet se concrétise

Reportage  photographique
Cliquer sur les photos pour les agrandir


L'équipe archéologique, Mme Maya von CZERNIEWICZ, MM Christoph PELZER, Lucas PETIT et Antoine MILLOGO est de retour à Oursi pour une semaine.... Les fonds nécessaires pour réaliser le projet conçu par Christoph PELZER sont enfin réunis grâce à l'ambassade de la République Fédérale d'Allemagne et le "Ambassadors' Fund for Cultural Préservation" des Etats-Unis d'Amérique.

Scéance de topographie et de photographie

Les jeunes d'Oursi déblaient les ruines

Les travaux peuvent commencer! Avec l'aide des jeunes d'Oursi et sous la direction technique des archéologues allemands et burkinabè. Le site qui avait été recouvert de sable pour le protéger des hommes et du temps est dégagé de sa gangue...


Le ravinement n'est plus qu'à 1 m. du site
C. Pelzer et M. Conombo,Conseiller technique du MCAT devant les fondations du futur musée

Les briques de terre pour le futur musée sont confectionnées et entreposées... les fondations du bâtiment sont déja creusées...
Il reste encore à stabiliser l'érosion pluviale qui menace toujours le site, à construire le musée, monter la clôture de protection et former les futurs guides...



Le site est maintenant entièrement dégagé


 
Les restes d'une meule statique

Vues générales du site

La Province de l'Oudalan avec Oursi Hu-beero et les gravures rupestres de la région de Markoye possède un patrimoine archéologique déjà important. Il faut, dès à présent, prendre des mesures pour en assurer la protection.
Une exploitation touristique intelligente et rationnelle de ces nouveaux potentiels, unissant secteur associatif, collectivités locales, Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme, sans oublier le département d'archéologie de l'Université de Ouagadougou, pourrait apporter quelques ressources financières supplémentaires allant dans le sens d'un développement local durable.