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Lutte contre l’extrémisme violent : le ministre Sango appelle à une prise en compte de la dimension culturelle


Culture Actualites

Ceci est la déclaration du ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Monsieur Abdaoul Karim Sango, lors de l’atelier de capitalisation des conférences de diffusion du colloque national de Dori.



Nous voici au terme de deux années d’engagement autour de la problématique de « la contribution de la culture dans la lutte contre l’extrémisme violent ».

Loin d’être une question secondaire, il s’agit là d’une question fondamentale par laquelle l’on aurait dû commencer avant d’examiner toutes les autres dans cette lutte contre l’extrémisme violent dans notre pays.

Lorsque nous lancions cette idée, des gens se sont interrogés sur les objectifs poursuivis. J’ai même entendu des propos du genre « ce Sango là, voyez ce qu’il nous sort maintenant. Il nous demande d’utiliser la culture pour lutter contre l’extrémisme violent ! encore une idée de fou ! ».

Cette aventure que nous avons démarrée en novembre 2018, rares de personnes y ont cru au départ. Sceptiques au départ, les gens s’interrogeaient de savoir ce que la culture venait chercher dans la problématique de la lutte contre l’extrémisme violent. Pour eux, la réponse à la violence ne peut qu’être de la violence. Ils oubliaient cependant de dire que jamais ne l’on a éteint le feu avec du feu. Ils oubliaient cette belle formule inscrite dans l’Acte constitutif de l’Unesco où il est écrit « que, les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».

Une autre catégorie de personnes avance l’argument selon lequel c’est par le développement que l’on peut régler le phénomène de l’extrémisme violent. Mais ceux-ci omettent de dire que le développement est un concept global prenant une triple dimension économique, social et culturel. Les deux premières dimensions n’ont de sens que si la troisième est prise en compte. Le PNUD, notre partenaire exclusif, à qui je renouvelle encore nos remerciements pour avoir cru en nous, en cette aventure se définit comme une « organisation au service des peuples ». Mais faut-il encore le rappeler qu’il n’existe pas de peuple sans culture. Un peuple se définit d’abord par sa culture.

Dans son livre Fraternité d’abord, le prof Laurent Bado écrivait au début des années 1980 que : « Si pour toute société humaine, la culture est un élément de vie et une source de puissance, aucune société ne peut être forte sans la conscience de son passé qui seule détermine et conditionne son avenir »

Sans une prise en compte de la dimension culturelle, le développement devient un concept vide de sens, sans âme, voire inhumain. Et l’actualité du monde nous donne à voir tous les jours que ce qui manque le plus à notre civilisation mondiale c’est le faible rapport aux valeurs simples de solidarité, de fraternité, de tolérance, de respect dû aux anciens, aux plus faibles et à la parole donnée. Pendant plusieurs siècles, ces valeurs ont été le socle sur lequel les sociétés africaines étaient bâties.

Le Pape Jean Paul II dans une adresse invitait les Africains « à ne jamais se détourner de leur culture ». Un peu comme s’il pressentait les dérives auxquelles une société acculturée peut être exposée.

Je voudrais donc partager avec vous une fierté légitime, celle d’avoir réussi à replacer la culture dans l’agenda des politiques publiques. Selon certaines indiscrétions, la politique nationale de défense en cours de rédaction consacre un chapitre à la culture. Le gouvernement a récemment adopté un décret portant réhabilitation de l’Institut des peuples noirs. Pour cette rentrée 2020/2021, des modules sur l’enseignement de la culture seront enseignées dans les écoles. Partout sur le territoire national, le ministère en charge de la culture est sollicité pour animer des conférences au profit des jeunes sur le thème de la contribution de la culture dans la lutte contre l’extrémisme violent. Les jeunes ont une soif énorme de se réapproprier leur histoire, leur passé, les valeurs qui sont au fondement de leur société. Quand ils se connaitront mieux, ils accepteront plus facilement les autres et deviendront de vrais artisan de la paix si chère à notre nation et à son peuple.

Pendant ces deux jours, nous devons réfléchir à la capitalisation des conférences publiques qui ont été si riches en débat en idées nouvelles. Comment poursuivre cette noble mission pour atteindre une masse critique assez importante de notre population ?

 

Chers participants, chers experts, laissez votre imagination nous sortir les idées les plus folles autour du sujet qui nous réunit ! car comme dit le philosophe, « rien de grand ne peut se construire en ce monde sans passion »

Je voudrais encore une fois de plus renouveler mes remerciements :

  • Au PNUD
  • A tous les conférenciers et modérateurs de nos conférences
  • A toutes les autorités administratives dans les différentes régions de notre pays ;
  • Aux autorités coutumières et religieuses
  • Aux hommes de médias
  • A tous mes collaborateurs !

Je vous remercie


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