Aller au contenu principal
  • Burkina Faso / Unite - Progres - Justice

Devoir de redevabilité du MCAT


Culture Actualites

Déclaration liminaire du ministre de la culture, des arts et du tourisme, monsieur Abdoul Karim Sango à l'occasion du déjeuné de presse de ce jour, jeudi 10 Septembre 2020 à Ouagadougou.

 

 

 

 

 



Chers partenaires de la presse,
Mesdames et Messieurs,

Soyez la bienvenue à ce petit déjeuner de presse que nous plaçons sous l’angle des traditionnels échanges entre le Ministère de la Culture, des Arts et Tourisme et les médias.

Je voudrais, à l’occasion, renouveler mes remerciements à tous les acteurs de la presse nationale et internationale qui nous font l’amitié d’un accompagnement remarquable, au rythme des activités de mon département qui, j’en suis conscient, fait énormément recours à vos services. C’est la preuve de votre contribution à la découverte, la préservation et la valorisation de notre identité culturelle, dans le cadre de la construction d’un Burkina prospère, solidaire et paisible.

Avant d’aborder les sujets pour lesquels vous êtes conviés, je voudrais également vous souhaiter beaucoup de courage, plus de persévérance et surtout et que l’ensemble de vos sacrifices soient couronnés de succès.

Mesdames et messieurs les journalistes,

La présente rencontre, qui s’inscrit dans une logique du devoir de redevabilité et de transparence, devra nous permettre de revenir sur les projets que mon département a porté, au titre de cette année, combien éprouvante, court-circuitée, dès la fin du premier trimestre, par la maladie à Coronavirus. Il s’agit de questions spécifiques, relatives à la promotion du tourisme interne, aux conférences de diffusion des résultats du colloque de Dori sur l’extrémisme violent, à la gestion du fonds d’appui du chef de l’Etat aux acteurs et promoteurs culturels, à la relance de l’Institut des peuples noirs (IPN), ou encore aux préparatifs de la prochaine édition du FESPACO. Évidemment, une large partie de nos échanges sera consacrée aux réalisations de l’ensemble des services qui abattent un travail admirable, malgré un contexte particulièrement difficile.

 

Mesdames et messieurs,

Dans le contexte particulier de la Covid-19, des artistes ont mis leur talent au service de la lutte, parmi eux un bon nombre ont été accompagnés par mon ministère. Je tiens à saluer toutes ces initiatives qui ont permis à notre pays de limiter les prévisions les plus pessimistes et de remettre le pays au travail. Je tiens à préciser que pour accompagner les initiatives des  acteurs culturels dans le cadre de la campagne de sensibilisation, le ministère a  débloqué  près de 60  millions de F CFA.

Mesdames et messieurs,

Passé les premiers moments de frayeur constaté aussi à travers le monde, notre pays a repris ses activités, même si cela a été assez timide. Ce qui nous a permis de parvenir à certains résultats concrets :

Dans le cadre de la protection et la valorisation du patrimoine culturel, nous avons procédé à :  

  • l’inscription de 22 446 biens dans les registres d’inventaire des Musées sur une prévision cumulée de 32 000 biens, soit un taux de réalisation physique de 70% ;
  • la soumission  à la commission du patrimoine mondial, le 20 mai 2020, du rapport périodique de la convention 72 ;
  • l’enseignement de modules culturels et artistiques dans 220 classes d’établissements pilotes, soit un taux de réalisation physique de 100%.

En soutien à cela, nous avons mené une action en faveur de l’enseignement, en renforçant les capacités d’accueil de l’Institut national de formation artistique et culturelle (INAFAC), à travers la construction d’un bâtiment pédagogique R+1 de 80 salles de classe, de deux bureaux et de six latrines. Avec cet ouvrage, nous envisageons faire de l’INAFAC, une référence dans la sous-région, une école digne de sa réputation.

Dans le cadre de la promotion de la culture, le principal investissement structurant concerne la poursuite de la construction d’ateliers pour le transfert du Centre National d’Artisanat d’Art (CNAA) au Musée National.

Au niveau de la promotion du tourisme interne, un projet de loi d’orientation sur le tourisme, a été adoptée le 6 août dernier en conseil des ministres. Cette loi devra permettre d’instituer un cadre juridique plus favorable à l’économie du tourisme afin de rendre le secteur plus dynamique et plus apte à participer au développement économique et social de notre pays

Avant cela, nous avons relancé et dynamisé le projet : « Connais-tu ton beau pays ? », le projet Enfant Tourisme et Environnement dénommé « Camp ETE », élaboré la cartographie des sites touristiques, édité et diffusé des cartes touristiques, créé une plateforme numérique des sites touristiques dénommée « Umap ».

Sur lesdits sites, le ministère a effectué certains travaux. On peut citer la réhabilitation des infrastructures du site de sculptures sur granite de Laongo. A ce niveau, tout ou presque a été réhabilité :le bâtiment administratif, les logements des artistes, le restaurant-bar, les toilettes externes, les neuf (09) apatams, la cafeteria, les (portes), les lampadaires et les guichets. Pour un coût total de 28 464 250 F CFA.

On peut citer aussi le relai touristique de Boromo réhabilité dans tous ses compartiments pour un coût global de 317 107 046 F CFA. Le ministère a achevé l’aménagement des sites de Sindou et de Karfiguela et entrepris la rénovation des campements touristiques de Gorom, de Kompienga, perturbée par l’explosion de la violence et l’insécurité dans la région de l’Est.

Outre ces initiatives, nous avons de nouveau obtenu une réduction de 25 % des tarifs hôteliers pendant la période des grandes vacances. Plus important encore, nous avons œuvré pour la réduction de la TVA qui passe de 18% à 10% au profit des hôtels et des restaurants. Je signale que les acteurs se battaient depuis au moins 10 ans pour obtenir cette réduction.

A ce stade de mon propos, je voudrais signaler que le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a identifié et formulé, de manière participative et inclusive, avec l’appui de l’Union européenne un programme dénommé : «Programme d’appui aux industries créatives et à la gouvernance de culture (PAIC GC) » sur financement du 11ème fonds européen de développement (FED). L’objectif de ce projet est de créer une dynamique de développement culturel, à travers la création d'emplois dans les filières culturelles prioritaires et contribuer au renforcement de la gouvernance culturelle du ministère.Le coûtglobal du programme est de 16 714 000 Euros et il devra être mis en œuvre pendant cinq (05) ans, du 1er juin 2019 au 31 mai 2024.

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

En termes d’appui aux acteurs culturels, deux structures ont travaillé à relever certains défis qui nous tenaient à cœur, dont des projets innovants. Il s’agit du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) et du Bureau burkinabè des droits d’auteur (BBDA). Au niveau du BBDA, au nombre des points de satisfaction, on peut citer :

  • l’opérationnalisation du plan stratégique de développement du BBDA (2017-2020) qui a permis l’augmentation continue des collectes.
  • l’amélioration et le respect du calendrier de répartition, ainsi que le paiement des droits d’auteurs aux ayants droits. Au mois d’Août 2020, ce sont plus de 721 millions de F CFA qui ont déjà été repartis aux membres ; contre environ 450 millions de F CFA, chaque an, sur la période de 2014 à 2016.
  • la mise en place d’un Fonds d’Aide aux Membres âgés (AMA). Cette année, ce sont plus de 200 personnes qui en ont déjà bénéficié.
  • Une meilleure structuration du Fonds de promotion culturelle avec l’implication à plus de 90% des créateurs dans la sélection et le suivi des projets culturels soutenus par le BBDA ;
  • La mise en place d’une Commission Technique d’Identification des Œuvres Littéraires et Artistiques (CTIOLA), avec la création des sections de la Musique, de l’Audiovisuel, des Arts Graphiques et Plastiques et des arts Dramatiques. La CTIOLA est un organe qui veille à une meilleure et saine déclaration des œuvres. Son mérite a été de limiter les conflits liés à la paternité des œuvres.
  • Parallèlement à ces innovations, nous sommes parvenus à une baisse significative des frais de gestion de 41% à 33%, à l’adoption le 12 novembre dernier d’une loi portant protection de la propriété littéraire et artistique au Burkina Faso.
  • Enfin, depuis le 4 septembre dernier, nous avons opéré le paiement effectif des droits d’auteur aux auteurs et éditeurs de presse écrite, une première en Afrique. Au total douze (12) ayants droits, à savoir cinq (5) éditeurs et sept (7) auteurs, pour 400 articles de presse déclarés et 300 parutions, répartis entre Les Éditions Sidwaya, Le Pays, Courrier Confidentiel, Le Reporter, et Infos Sciences Cultures.

Toutefois, pour la présente session, la mobilisation des auteurs et éditeurs était en deçà de nos attentes. Mais ce n’est que partie remise quand je sais votre engagement à nos côtés et votre intérêt pour les questions de notre secteur.

Parlant du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT), au titre de l’année en cours, nous avons pu lancer le 4e appel à projet pour la subvention, du 16 décembre 2019 au 16 janvier 2020. Les résultats ont été publiés tardivement, le 26 août 2020 à cause de la Covid-19 qui a entrainé un ralentissement dans le processus d’analyse des dossiers. Il en ressort que 90 004 250 FCFA ont été octroyés à 23 associations, venant de 08 régions du pays. La tranche des subventions est comprise entre 1. 676 000 FCFA et 5 348 000 FCFA.

Nous avons également entamé la mise en œuvre du Programme d'Appui du Secteur de la Culture (PASEC, phase 5) le 06 août 2020. A travers ce projet mis en œuvre en collaboration avec le Bureau de la Coopération Suisse au Burkina Faso, il est prévu une enveloppe de 67 200 000 FCFA, sous la forme de subventions à des projets culturels structurants qui prennent en compte les questions transversales relatives au genre, à la jeunesse et à la décentralisation.La tranche de financement est comprise entre 1 et 10 millions de francs CFA.

En outre, le FDCT a accordé aux promoteurs culturels et touristiques un montant global de 1 201 748 643 F CFA au titre des prêts. Le tauxde recouvrement, selon les prévisions, à la date du 30 juin 2020, était de 70,69%.

Par votre canal, nos informions le grand public que le FDCT a été sollicité pour gérer le fonds d’appui du  chef de l’Etat aux acteurs et promoteurs culturels, victimes de la maladie à Coronavirus. A ce sujet, le ministère a transféré un montant de 700. 000 000 FCFA, pour la première phase.

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Il y a lieu ici d’apporter des précisions pour clarifier certaines questions sur la répartition des fonds octroyés par le Chef de l’État dans le cadre des mesures liées à l’impact de la Covid-19. En effet, cet appui aux acteurs et promoteurs culturels, d’une enveloppe initiale de 1,25 milliards de F CFA, a été rehaussé avec un montant de 225 millions F CFA. Pour sa gestion, j’ai mis en place un comité de réflexion qui a travaillé sur les critères d’éligibilité et les mécanismes de répartition. Les conclusions de ce comité ont été soumis à des personnalités du monde de la Culture, des Arts et les lettres pour recueillir leurs avis. C’est seulement après ce processus de consultation que le dossier a été porté à la table du gouvernement. Après son adoption, j’ai mis en place un comité de gestion du fonds d’appui qui travaille en toute indépendance et selon des principes d’impartialité, d’équité et de transparence. À ce jour, des fonds ont été débloqués. Il s’agit de :

  • la tranche du Fonds de Soutien relative à la réparation des préjudices, d’un montant de  150 millions de F CFA, versés dans les caisses du BBDA pour les acteurs qui lui sont affiliés. Les dossiers ont été réceptionnés du 12 au 31 août 2020 au siège du FDCT et dans les directions régionales du MCAT à l’intérieur du pays.  

Les dossiers réceptionnés sont évalués à plus de 866 millions de F CFA, dont 820 millions de F CFA pour la seule région du Centre, contre seulement 46 200 000 F CFA pour l’intérieur du pays. Ce qui laisse présager qu’un travail d’organisation et d’information est nécessaire à l’intérieur du pays.

En attendant, il est prévu un enrôlement des artistes non affiliés au BBDA, dans les 13 régions du pays, pour un montant de 30 millions de F CFA, au titre des subventions gérées au niveau de cette structure.

  • La tranche du fonds d’appui relative à la relance des activités du secteur de la culture. Les dossiers sont réceptionnés du 24 août au 14 septembre 2020 ;
  • La tranche relative à la contribution aux charges fixes. Les dossiers sont réceptionnés, du 24 août au 14 septembre 2020 ;

Mesdames et messieurs les journalistes,

Dans le cadre de la contribution à la valorisation de notre identité culturelle et au renforcement de la cohésion sociale, certains dossiers spécifiques ont fait l’actualité ces derniers temps. Il s’agit de la contribution de la culture à la lutte contre l’extrémisme violent, ainsi que la relance de l’Institut des Peuples Noirs (IPN).

En ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme violent,il vous souviendra que le MCAT a organisé en novembre 2018 un colloque national à Dori sur « la contribution de la culture à la prévention, la lutte contre l’extrémisme violent et le renforcement de la cohésion sociale ». Cette réflexion a débouché sur l’édition d’actes avec une feuille de route sur cette contribution, diffusée dans 12 régions du pays, du 19 septembre 2019 au 08 août 2020.

Le sentiment général est que les Burkinabè, en général, et la jeunesse en particulier s’ignorent. Ce qui est réconfortant, par contre, c’est qu’ils veulent se découvrir et mieux se connaître. Ceci est sans doute une garantie pour consolider les bases de notre nation, renforcer la cohésion sociale et lutter efficacement contre l’extrémisme violent.

C’est pourquoi, nous envisageons un atelier de capitalisation, dans les jours à venir, en vue de produire un fascicule qui sera mis à la disposition de la jeunesse.

 

Le second point spécifique, c’est la relance de l’Institut des peuples noirs (IPN).

Le gouvernement a adopté, le 6 août dernier, un décret portant organisation du ministère qui crée le secrétariat technique de l’institut des peuples des noirs (ST-IPN).

La mission de ce secrétariat technique est très clair. Il doit travailler à relancer l’IPN, dans un contexte qui est nouveau, mais avec la persistance des problématiques d’existence de l’homme noir. C’est pourquoi l’ensemble de ses activités devra conduire à la recontextualisation de l’IPN.

Je voudrais rappeler que l’IPN a été créé, le 10 avril 1990 à Ouagadougou, lors d’une Assemblée constitutive à laquelle étaient présents, près de 200 participants de 34 pays. Après plus d’une décennie de fonctionnement, l’IPN a été mis en hibernation, parce que les différents organigrammes du ministère l’ont progressivement ignoré pour un certain nombre de raisons qui se comprenaient à l’époque. Le souci du gouvernement d’être en phase avec ses engagements nationaux et internationaux, en matière de valorisation de notre identité d’homme noir, ainsi que celui du respect de la convention qui a été signée et ratifiée à cet effet, nous a conduit à initier un processus de relance depuis juillet 2018. Notre ambition est de remettre en marche un institut pleinement conforme à la convention du 10 avril 1990 portant création de l’IPN.

Mesdames et messieurs les journalistes,

C’est un secret de polichinelle, nous préparons la 27e édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), prévue du 27 février au 06 mars 2021, autour de la question de la contribution du cinéma à la culture de la paix.

À ce jour, les activités suivantes ont été réalisées :

  • l’appel à consultation pour la réalisation et la conception du visuel ; l’appel à films pour les inscriptions des films ; l’appel à inscription pour le MICA ; les textes règlementaires de la 27e édition de la biennale du cinéma africain ; le chronogramme de réalisation du FESPACO 2021 ; le projet de budget du FESPACO 2021 ; le plan de passation des marchés ; la prospection d’espaces abritant les activités du Festival.

Nous envisageons cette manifestation dans le contexte ou non de la Covis-19. Nous aviserons dans l’un ou l’autre des deux cas.

Mesdames et messieurs les journalistes,   

Ces réalisations sus-citées ont été faites dans le contexte de la Covid-19, marqué par la distanciation sociale, et un impact qui va de la régression de l’activité culturelle et touristique en général, à la fermeture des salles de spectacle et de promotion culturelle, jusqu’à la baisse présentement de la fréquentation de nos infrastructures culturelles et touristiques. N’empêche que nous avons tenu bon et réalisé les projets qui pouvaient l’être. Nous tenons à marquer notre solidarité vis-à-vis de l’ensemble des acteurs. Du reste, nous avons développé et continuons de développer des actions dans le sens du soulagement de cet impact. Il s’agit de :

  • l’adoption d’une stratégie de développement de la recherche et son plan d’actions dans les domaines de la culture et du tourisme.
  • l’élaboration du plan de formation des acteurs culturels et touristiques ;
  • -la mise en place d’une antenne régionale du FDCT dans les Hauts-Bassins ;
  • le renforcement de la lutte contre la piraterie des œuvres littéraires et artistiques.

Chers amis de la presse,

Je voudrais m’arrêter là et vous donner la parole, afin de partager avec vous, je l’espère, des moments d’échanges, empreints de cordialité, de fraternité et de sincérité.

Merci pour votre attention soutenue et merci d’être à nos côtés pour relever les défis.


Partager sur :